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Convocation à l’AG 2002

11 janvier 2002

dimanche 5 mai 2002, par Didier

Version texte de la convocation à l’assemblée générale 2002 de l’ANVHPT.

Ce document est très riche sur le plan psychologique. Deux extraits savoureux : « Nous étions menacés chaque semaine [...] et pourtant nous avions résisté » et « Nous suspectons que nous avons à faire face à une entreprise de déstabilisation ».

- Nous avons respecté la syntaxe de Mme Pagano, notamment les points d’exclamation, les guillemets, les fautes et les majuscules.

Arles le 11 Janvier 2002

« Chers adhérents,

« Nous sommes une jeune association et cependant une association devenue "incontournable", si l’on en croit les pouvoirs publics et les médias. Nous avons réussi l’exploit de rassembler le plus grand nombre de victimes de harcèlement psychologique au travail, et cela, grâce aux règles que nous nous sommes données et au sérieux de nos interventions. Nous avons su garder notre dignité, sans perdre nos exigences de respect. Nous sommes la seule association à avoir élaboré une "Charte de la Dignité au Travail", qui devrait, au fil du temps, participer à faire respecter des valeurs humaines inaliénables. Nous avons été choisis pour être entendu par le Conseil Économique et Social qui devait rendre un rapport au Premier Ministre sur la question du harcèlement psychologique au travail. Nous avons réussi à faire entendre que les victimes, toutes les victimes, devraient être protégées car au départ, les fonctionnaires avaient été oubliés par la Proposition de loi de Décembre 1999 !

« Février 2002 devrait être un "tournant" important pour notre association. »

« L’A.N.V.H.P.T. aura trois ans le 08 Mars 2002 : c’est l’âge où nous pourrions demander à être reconnus « association d’utilité publique ». Par une telle reconnaissance, nous pourrions obtenir des moyens financiers supplémentaires (sans être obligé d’augmenter notre cotisation) et nous aurions pu, non seulement garder tous nos salariés (actuellement en contrat C.E.C.) mais de plus, nous aurions pu pérenniser leurs emplois en contrat à durée indéterminée. Mieux. Avec les lois contre le harcèlement psychologique au travail sorties en ce début d’année 2002 (en grande partie grâce à la mobilisation de tous nos adhérents en Mai 2001) nous pourrions prétendre à être autorisés (plus tôt que prévu) à nous porter partie civile auprès de nos adhérents.

« Cependant, comme toute association nous avons un "talon d’achille", un point faible : nos adhérents ne sont pas assez nombreux à participer activement au fonctionnement quotidien de leur association et nous sommes tenus de faire appel à des salariés. Si cela nous place en position d’employeurs respectant les droits des salariés, nous devons aussi être exigeants quant au respect en retour que ces derniers nous doivent.

« Aujourd’hui nos salariés se sont coalisés contre vos dirigeants et donc, loi 1901 oblige, contre tous les adhérents.
« Cela s’est révélé depuis seulement la mi-septembre 2001, tout juste après le renouvellement de leurs contrats. Certains d’entre eux avaient eu des comportements fautifs parfois graves que nous n’avions pas sanctionnés car nous pensions que cela s’arrangerait simplement en le leur disant oralement. Nous avons été na�fs. Aujourd’hui, ces salariés ont pris la responsabilité de paralyser le fonctionnement de notre association par leurs actions. Nous avons immédiatement mobilisé toutes nos énergies pour essayer de comprendre ce qu’ils demandaient. Au début, ils avaient comme seule exigence d’être entendus par notre Conseil d’Administration. Aussi, dès qu’ils nous l’ont demandé (le 21/9/2001) nous leur avons fait savoir qu’ils seraient reçus par le Conseil d’Administration suivant (le 24/11/2001). Malgré cela, ils ont inondé tous les administrateurs d’une succession de courriers, au point que ceux-ci ne comprenaient plus ce que voulaient les salariés. Entre temps des membres associés (non-victimes) de l’ANVHPT les ont rencontrés pour comprendre ce qu’ils voulaient. Nous leur avons proposé une médiation, ils ont refusé. Nous avons demandé un "audit" ils ont refusé d’y participer (alors que légalement ils ne pouvaient refuser). Ils ont saisi l’Inspection du Travail et trois inspecteurs du travail sont venus à l’improviste nous inspecter. Le médecin du travail a fait de même. Nos salariés, pour appuyer leurs exigences (différentes selon les interlocuteurs à qui ils s’adressaient), ont fait une journée de grève. Ils sont allés se plaindre à la Sous Préfecture (et nous avons été convoqués par la Sous-Préfète d’Arles, en personne), à la Mairie, à un Député et Dieu sait où encore (que nous ignorons). Certains administrateurs minoritaires qui soutiennent, de façon partiale et affective, les salariés ont eux aussi saisi la Sous-Préfète. Et cela s’est passé depuis seulement le 21 Septembre 2001. Lors de leur audition par notre Conseil d’Administration du 24/11/01, ils ont menacé de faire une grève illimitée et de demander au Préfet la nomination d’un administrateur provisoire (dont l’une des fonctions pourrait être de faire liquider l’association !). L’Inspection du Travail a proposé une « consultation courte » par l’ANACT qui devait commencer le 5 Décembre : ils ont refusé. Puis ils ont accepté, mais après le 5 Décembre, retardant ainsi cette consultation au 10 Janvier 2002, alors qu’ils ne cessent de dire qu’il y a urgence ! Devant l’incertitude de l’avenir de l’association, le C.A. du 24 Novembre 2001 a décidé majoritairement de ne pas renouveler les contrats à durée déterminée (qui venaient à échéance) de 2 salariés sur les 6 que nous avons.

« La crise est telle, que NOTRE ASSOCIATION EST A PRESENT TOTALEMENT PARALYSEE. »

« Nous avons toujours, et dès le début, fait confiance à ces salariés de façon totale (voire excessive et aveugle) : là, est sans doute notre faiblesse et notre erreur. Aujourd’hui, ils savent que sans eux notre association ne peut continuer à fonctionner. Nous leur avons fait savoir qu’ils prenaient une lourde responsabilité en la paralysant aisni, et pourtant ils persistent. Nous sommes alors conduits à penser que l’intention de certains n’est pas (contrairement à ce qu’ils proclament) d’agir dans l’intérêt des adhérents. Les faits le montrent.
« Nous ne savons pas encore qui "dirige" la coalition de nos salariés (mais nous avons quelques éléments) ; il est possible que certains d’entre eux soient manipulés. Nous suspectons que nous avons à faire face à une entreprise de déstabilisation et que certains soient « partie liée à des intérêts extérieurs » (conclusions du rapport d’audit).
« Nous savions qu’en défendant des victimes contre des employeurs, nous risquions d’avoir des pressions qui pouvaient passer par des "voies souterraines" pour empêcher nos actions. Nous avions remarqué que notre existence dérangeait divers pouvoirs. Nous étions menacés chaque semaine par des employeurs qui voulaient porter plainte contre nous, et pourtant nous avions résisté.

« Aujourd’hui c’est l’existence même de notre association qui est menacée et qu’on le veuille ou non, cela rend service aux employeurs que nous avons interpellés ! C’est la raison pour laquelle, après avis du C.A., et conformément à nos Statuts, je suis amenée à convoquer une Assemblée Générale Extraordinaire (A.G.E.) en même temps que l’Assemblée Générale annuelle (ou A.G.), car si la dissolution de l’ANVHPT devait être décidée, seule l’A.G.E. pourrait le faire. À nous tous, nous pouvons peut-être encore l’éviter.

« Il faut savoir que cette année, notre Conseil d’Administration sera renouvelé dans sa totalité. Pour ma part, je ne solliciterai pas un nouveau mandat de Présidente. J’ai besoin de repos après trois années de mandat (j’avais annoncé cela dès le C.A. de Mai 2001 car ma santé s’altérait).
« Les candidats au futur Conseil d’Administration devront bien connaître les règles de fonctionnement des associations et la gestion de salariés. Les administrateurs sortant ont fait du mieux possible malgré les dissensions internes qu’a connues le C.A. à la suite de cette crise.

« Je considère que l’avenir de l’ANVHPT doit être décidé par les adhérents et par eux seuls, réunis en A.G. Nos bilans sont prêts. Notre comptabilité est saine et exemplaire (ci-jointe) et est soumise chaque année à l’examen d’un Cabinet d’Experts Comptables. »

P.-S.

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