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Débarquement en Arles
Itinéraire (II)

jeudi 17 octobre 2002,  par Pierre


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Les attentats de New-York venaient tout juste d'ébranler la planète. En un clin d'oeil les gares ont été envahies de soldats. Dans le train, un haut-parleur nous a prié d'observer une minute de silence. Naturellement, dans un tel contexte d'émotion, le thème du harcèlement moral était réduit à peu de chose.

Dans l'autocar entre Avignon et Arles, je surprends la conversation téléphonique de ma voisine. Apparemment, elle est là pour la même raison que moi ! Pour elle aussi c'est le premier conseil d'administration. Marie-Louise me témoigne une courtoisie irréprochable, presque démodée ; nous nous plaisons beaucoup. Elle a du mal à se déplacer, ses jambes et surtout son moral sont atteints par le harcèlement qu'elle a subi, qu'elle raconte en détail. Je suis touché, désemparé, rassuré aussi, bizarrement, dans la mesure où elle témoigne d'états d'âmes semblables aux miens.

Marie-Louise a cet avantage sur moi qu'elle connaît déjà la maison. En effet, quelques temps auparavant elle a passé une semaine dans les locaux de l'association, à titre bénévole, pour faire des tâches d'archivage. Après quoi Mme Pagano l'a cooptée pour être membre du CA. Marie-Louise tombe à pic pour m'aider à vaincre mon trac et prendre mes marques parmi les nouvelles têtes.

Les locaux de l'association sont situés en centre-ville, dans une rue parfaitement étroite, à l'étage d'un immeuble ancien. La proximité de la célèbre place du Forum confère au lieu un charme indéniable.

Les bureaux accolés les uns aux autres, envahis de dossiers disparates et de matériel informatique, font penser à une ruche militante. Les murs sont chargés de tracts et d'affiches. Mais je remarque surtout que Mme Pagano a disposé un peu partout, y compris dans les toilettes, toute sorte de notes d'une écriture ronde et ferme. Marie-Louise désigne une énorme pile de dossiers au sommet d'une étagère métallique et me révèle : « C'est ceux qui ont été refusés. » La masse des documents et toutes les histoires qu'ils contiennent me laisse songeur.

Brève rencontre avec deux secrétaires parmi lesquelles je reconnais la voix cordiale qui m'avait accueilli au téléphone. Puis je croise enfin Mme Pagano. Nous échangeons quelques mots ; elle dit à la cantonnade et sur un ton inspiré, quelque chose comme « avec lui on va faire du bon travail. » J'ai bien reconnu la personne de la télévision, celle qui irradiait tant de charisme, mais j'ai surtout ressenti une sorte de malaise indéchiffrable. Malaise qui n'avait rien à voir avec son physique. En fait, et c'est très subjectif, Mme Pagano m'a fait brusquement la même impression que m'avait fait mon harceleur...

Le conseil aura lieu le lendemain, après avoir goûté les voluptés d'une nuit d'hôtel tous frais payés. Sans oublier le restaurant chinois. Au cours du repas avec mes nouveaux collègues de toute la France, Mme Pagano m'avait déclaré, incidemment : « Vous avez du style. » Décidément, j'étais sur un nuage. Encore que la façon dont elle fit le compliment, à la fois subtile et théâtrale, continuait de me rendre perplexe.

Au début de la réunion, la plupart des conseillers se montrèrent relativement passifs, à l'exception d'un nordiste volumineux, M. François Tibaudo, qui déployait son érudition en droit, donnant la réplique à Mme Pagano. Très en verve et dominant largement les débats, elle culminait dans des rodomontades comme : « Quand je rentre dans le lard, je rentre dans le lard ! » Tout cela était très méridional et très bon-enfant. Mon élection ainsi que celle de Marie-Louise furent entérinées rapidement, sur l'impulsion de Mme Pagano. Sans que j'aie le temps d'exprimer mes réserves de principe, je me trouvai baptisé membre du CA de l'ANVHPT. Puis la question des salariés surgit.

Tiens, il y a donc un problème avec les salariés ? On en saura un peu plus à 14 heures puisque l'un d'eux, M. Zuazola, était convié à s'exprimer.



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-> Débarquement en Arles
(1/1) 9 janvier 2003, par BRIGITE


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9 janvier 2003, par BRIGITE début du forum
il es nulLe.

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Pierre
-rédacteur