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Le 114

« Un service d’accueil téléphonique gratuit est crée par l’État... »

lundi 17 juin 2002, par Christine

Le 114 est un numéro vert d’information, d’écoute et d’orientation des personnes victimes ou témoins de discrimination raciale. Il a été mis en place le 16 novembre 2001 conformément à la loi « relative à la lutte contre les discriminations ». Le 114 est acessible gratuitement de 9h à 19h, du lundi au vendredi, en France métropolitaine et dans les départements d’outre-mer.

La mission officielle des opérateurs consiste à répondre à la très grande diversité des besoins des victimes ou témoins de discrimination raciale dans tous les domaines de la vie quotidienne : emploi, logement, santé, école... ainsi que dans le travail. Ils traitent également les situations de harcèlement moral dans la mesure où il s’agit de manifestations de discrimination raciale [1].

Ils aident en principe les victimes ou les témoins à mettre des mots sur un ressenti ou une révolte. Ils recueillent les cas de discrimination raciale ainsi que les coordonnées des personnes morales désignées comme ayant eu un comportement discriminatoire [2].

Le 114 est géré par un groupement d’intérêt public (GIP), le Groupe d’études et de lutte contre les discriminations (GELD).

Selon les termes de la loi, « [le] secret professionnel est applicable aux agents du service d’accueil téléphonique et à toutes les personnes qui, au niveau local, sont chargées de traiter les signalements transmis par ce service dans les conditions prévues aux articles 226-13 et 226-14 du code pénal. »

Le 114 c’est aussi un site web : www.le114.com [3] qui propose des fiches pratiques, notes et textes sur le droit du travail :

  • rôle et pouvoir de l’inspection du travail
  • droit du travail et discrimination
  • procédures devant les prud’hommes
  • moyens d’action non-juridictionnels de la victime
  • témoignage : qui peut être témoin dans une procédure civile ou pénale

Notes

[1NDLR : Nous avons modifié divers points de l’article, dont ce paragraphe, conformément aux précisions apportées par le webmestre du site du 114 (16 juillet 2002).

[2NDLR : Mais qu’en font-ils par la suite ? Ils les rangent précieusement dans un dossier au fond d’une armoire ? Nous faisons appel à d’éventuels témoins susceptibles de nous éclairer sur ce qu’il ressort concrètement d’un appel au 114. Agissent-ils dans la réalité ou s’agit-il d’une instance supplémentaire de mise en échec des victimes ? Votre témoignage nous intéresse.

[3NDLR : Paradoxalement, le GELD a choisi pour son site l’extension « .com » des entreprises à but lucratif et non l’extension « .fr » des services publics. Pour quelle raison ?

11 Messages

  • > Le 114 Le 2 juillet 2002 à 20:27, par naida

    concernant le 114

    lassée par énormément de tentatives pour faire valoir mes droits, Une personne ayant vu mon dossier m’a demandé si j’avais appelé le 114 sachant d’avance qu’il y aurait certainement juste une approche mais rien en profondeur je n’ai fait aucun effort pour appeler même si le service est gratuit. bref , la personne qui me reçoit appelle directement le 114 et parle de mon histoire. On me demande de rappeller
    OK, je fais l’éffort d’appeler et de raconter à nouveau mon histoire...
    on prend mes coordonnées etc... on me donne un n° de dossier confidentiel et je dois avant un mois être contacté.
    avant un mois, j’ai reçu une convocation et je me présente avec une personne à la préfecture.
    Nous sommes reçues par une jeune femme, je raconte mon histoire , je montre les documents.. voilà tout est fait.. je pose des questions que va être la suite ??? ignorance ou prise en compte de ma déposition.
    je dois encore attendre un mois pour être convoquée par la D.D.T.E.
    je patiente durant un mois , je n’ai que ça a faire à attendre une manifestation...au bout d’un mois je m’inquiète et rappelle la personne pour rendre compte de mon attente et comme soeur Anne je n’ai rien vu venir..elle me dit qu’elle va faire le nécessaire pour savoir où en est le dossier ?????. j’attends deux jours.
    Je rappelle à nouveau le service et l’on me dit que finalement c’est en fait l’inspection du travail qui doit me contacter....alors que l’inspection du travail aurait dû se manifester depuis deux ans lorsqu’il y a eu dénonciation de harcèlement.
    je me suis déplacée pour savoir oû en était le dossier ?? pas traité
    conclusion : je me suis fatiguée pour rien encore une fois entre le jour d’appel au 114 et à ce jour sans réponse cela fait pratiquement 5 mois.
    Alors que penser de cela...que l’on a fait un tapage médiatique avec pub qui a dû coûter encore beaucoup de fric alors que l’on aurait pu l’utiliser à autre chose puisqu’entre le fond et la forme il n’y a rien ??? je suis très déçue de cette société qui fait voter des lois mais qui en parallèle ne fait rien pour les faire appliquer....
    j’aimerai bien avoir le témoignage d’une personne qui a eu plus de chance avec le 114.

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    • > > Le 114 Le 8 juillet 2002 à 16:53

      Bonjour,
      J’ai lu votre message sur le 114.
      Effectivement, il y a deux ans que le 114 a été crée, mais je pense que, comme toute loi nouvelle, ainsi que la loi sur le harcèlement moral, demandera plusieurs mois si ce n’est plusieurs années avant de se mettre en place et que de réelles avancées et jurisprudences viendront dans quelque temps.Les juristes,les prud’hommes et autres juridictions sont encore très frileux pour juger les affaires de discriminations, ainsi que le harcèlement moral.. Moi-même je me suis rendue compte que dans la Mairie pour laquelle je travaille, le personnel ne connaissait pas le 114, ni au Service Social, ni à la Police Municipale, ni en Mairie centrale, alors que les informations sur le 114 doivent être affichées dans les Services Publics.
      Ce sont les gens comme vous, comme moi qui, malgré tous nos déboires et nos malheurs feront avancer les choses, en dénonçant ce qui ne fonctionnent pas malgré les lois.
      Depuis, j’ai une amie qui a affiché au service documentation de la Médiathèque de ma Commune toutes les coordonnées et les informations sur le 114.
      Je sais très bien que quand on tape à toutes les portes pour se faire entendre et qu’elles ne s’ouvrent pas, les jours paraissent des mois si ce n’est des années.
      Dans votre cas, l’Inspection du Travail n’a absolument pas fait le travail qu’il aurait dû faire depuis deux ans se retranchant très certainement derrière une loi qui n’existait pas encore à ce moment là.

      Car, désormais, le rôle de l’Inspecteur du Travail est de se faire communiquer tout document ou tout élément d’information utile pour établir l’existence d’une méconnaissance de la réglementation sur la non-discrimination, (voir loi relative à la lutte contre les discriminations).

      Mais maintenant il n’a plus d’excuse, ou bien dites-lui que vous envoyez un courrier au Ministère de l’Emploi et de la Solidarité expliquant toute son inertie avec votre dossier.
      Moi-même, il y a quelques temps, j’avais envoyé tout mon dossier au Premier Ministre et j’ai eu des réponses via le Préfet de mon département et, quelque temps après, j’ai retrouvé mon travail, alors que deux mois avant ce n’était pas possible.

      Mais,pour en revenir au 114, en règle générale, avant d’appeler ,il faut être capable, et bien sûr c’est dur, de formuler clairement les tenants et aboutissants de la discrimination dont vous vous estimez victime sur votre lieu de travail et votre démarche y gagnera en crédibilité et efficacité.

      Le cas échéant, l’opérateur transmettra votre dossier(normalement dans un délais de 48 heures) aux Commissions d’accès à la citoyenneté (CODAC)lesquelles nomment un conseiller unique qui vous accompagne lors de vos démarches jusqu’à un éventuel procès.

      Actuellement,il faut savoir que les affaires de discrimination qui ont été gagnées l’ont surtout été parce qu’il y avait un collectif derrière la victime.
      Bon courage et à bientôt de vous lire
      Christine

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      • > > > Le 114 Le 11 juillet 2002 à 10:49

        Bonjour Christine et merci pour la réponse.

        Que dire, j’ai été convoqué par la CODAC et j’ai été accompagné, j’ai raconté mon histoire et je devais soi-disant être convoqué à nouveau ??
        cela fait deux mois que j’attends.
        j’ai relancé à nouveau la CODAC ?? rien alors j’ai écrit à l’inspection du travail pour demander s’ils ont fait qq chose ???
        Voilà.
        Je crois qu’en région PACA les démarches sont difficiles.....je suis vraiment dégouttée de cette société dans laquelle on a soi-disant le droit à l’expression... On me dit toujours que je ne suis pas tombée sur la bonne personne ! y en a t-il ????
        merci de me permettre de m’exprimer et bon courage à vous tous.
        NADIA

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        • > > > > Le 114 Le 11 juillet 2002 à 16:55

          Bonjour Nadia,

          Je suis vraiment désolée de tout ce qui se passe pour vous et autour de vous.
          Je vous souhaite de tout coeur qu’une porte s’ouvre enfin et que vous arrivez enfin à vous faire entendre et comprendre.
          Gardons le contact et surtout gardez votre courage jusqu’au bout.
          a bientôt de vous lire
          Christine

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          • > > > > > Le 114 Le 16 juillet 2002 à 13:32, par NADIA

            Bonjour Christine,

            merci pour vos encouragements, nous savons qu’il est difficile de se faire entendre..je ne peux rien faire sinon continuer et espérer avoir encore la volonté d’aller plus loin bien que parfois j’ai envie de tout jeter.. mais j’ai été trop loin et j’ai pratiquement presque tout perdu ma santé, ma place, mon salaire, mes amis.. à bientôt
            Nadia

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            • Bonjour Nadia, Le 17 juillet 2002 à 10:47

              Je voulais vous dire que si j’avais un quelconque pouvoir pour vous aider à résoudre certains problèmes je le ferais avec plaisir. Je suis vraiment et sincèrement désolée de ce qui se passe.
              Je vous offre mon amitié, c’est ce qui me reste à moi aussi, l’amitié à offrir, car malheureusement je ne peux que vous apporter que cela pour le moment, et j’espère que nous pourrons nous rencontrer et nous connaître mieux prochainement.
              Christine

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              • > Bonjour Nadia, Le 25 juillet 2002 à 21:04

                bonsoir christine

                Le fait d’être déjà comprise me rassure. Bien que parfois on juge mon attitude comme exagérée mais j’ai subi énormément d’injustice et ne me comprennent que ceux qui sont dans la même situation.
                le fait de m’offrir votre amitié même virtuelle en espérant un jour nous rencontrer est inestimable.
                Heureusement que nous avons le net pour échanger et nous remonter le moral.
                bien à vous.
                Nadia

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    • > réponse à Nadia Le 23 février 2004 à 12:24, par Mourad

      Salut, Nadia, j’ai moi aussi des problémes au boulot, pourtant diplômé Bac+5,je suis moi aussi de la région PACA ( extrême sud-est ) mais travaillant à Paris dans l’armée. Peux-tu m’en dire plus pour que je puisse t’aider car je suis en pleine stratégie de riposte avec sos-racisme, ils sont très aimables et proposent du concret.
      Cordialement,
      Mourad

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  • > Le 114 Le 15 juillet 2002 à 20:22, par Michel

    En réponse au dialogue de Nadia et Christine,

    Nadia, vous n’avez rien à vous reprocher puisque vous avez accompli toutes les démarches à votre portée pour vous défendre. Et votre souffrance, paradoxalement, vient de là. Par contre, le récit ainsi que vos interventions sur le forum général sont très éclairants sur la réalité du comportement des employés du 114.

    Renseignements pris, la structure de l’organisme qui gère le 114 est bizarre. Il ne s’agit pas d’un service public. C’est un Groupement d’intérêt économique (GIE), soit une structure de droit privé sensée promouvoir des intérêts financiers. Au conseil d’administration siègent notamment des représentants des syndicats d’employés et des syndicats patronaux (Medef) ; on se demande ce que font là ces gens. Peut-être la manière dont ils se financent les qualifient-ils pour exercer un magistère moral ? Il y a là une confusion institutionnalisée entre service public et intérêts privés.

    Récapitulons les événements. L’appel du 114 est une première démarche. En échange, rien de palpable. Seulement l’avis d’une nouvelle démarche à faire. C’est l’amorçage.

    Seconde démarche, donc, un mois après le coup de téléphone initial. Là une employée anonyme vous fait de nouveau répéter toute l’histoire - et comme ces répétitions épuisent les victimes ! Les répétitions désincarnent les faits, les vident de leur substance ; elles dépossèdent littéralement la victime de sa propre histoire. A chaque répétition, c’est tout le contraire de la libération qu’apporte une véritable écoute psychologique.

    En échange, rien. Seconde mise en échec de la victime. Rien que l’annonce que la démarche infructueuse et frustrante devra être répétée ailleurs, auprès d’autres interlocuteurs. En d’autres termes, la démarche inutile, la perte de temps, n’annonce qu’une nouvelle démarche inutile, une nouvelle perte de temps. Aucune démarche contre le coupable, bien entendu. Ce serait perçu comme un pur sacrilège, une sorte de crime de lèse-majesté.

    Puis le dossier se noie. Plus exactement, il disparaît littéralement dans le vide entre personnels administratifs qui dénient ensuite leur responsabilité individuelle. D’un coup il n’y a plus rien.

    Ce type de processus porte un nom ; il s’agit d’un processus de mise en échec. Ici, il est basé sur une technique de répétition.

    Nous pourrions d’ailleurs imaginer de reproduire le processus en laboratoire. Exemple. Mettons une souris blanche dans un labyrinthe. Prenons un flacon contenant un concentré d’odeur de fromage. Dans une des caches du labyrinthe, répandons une goutte du flacon. La souris lève le nez, parcourt le labyrinthe jusqu’à ce qu’elle trouve la cache. Là, pas de nourriture. Simplement l’odeur. Mais les odeurs ne se mangent pas. Première mise en échec.

    Mettons une seconde goutte dans une nouvelle cache éloignée de la première : la souris quitte la cache vide, recherche la source de l’odeur dans le labyrinthe. Elle trouve la seconde cache. Seconde mise en échec : toujours pas de nourriture, rien que cette odeur frustrante.

    Troisième goutte dans une troisième cache. La souris repart. Et ainsi de suite.

    Nous pouvons répéter le protocole à l’infini. Répandre l’odeur dans de nouvelles caches au fur et à mesure que la souris les découvre. Nous aurions réalisé le processus de mise en échec mentionné ci-dessus. Grâce à une chaîne de leurres.

    But de l’expérience : observer la réaction de la souris.

    J’avoue que je ne sais pas si l’expérience a été réalisée dans les termes décrits ci-dessus, avec cet objectif spécifique. Mais des expériences similaires ont été réalisées naguère, notamment par l’équipe d’Henri Laborit lors de l’étude de la notion de stress. Sur la base de ce contexte, nous allons prédire un résultat plausible : au bout d’un nombre variable de mises en échec successives, la souris cesse complètement de suivre les odeurs ; elle s’arrête et se laisse mourir de faim si l’expérimentateur ne la remet pas dans sa cage. Elle plonge dans un état que nous qualifierions de dépressif s’il s’appliquait à un être humain.

    Un point crucial est que le nombre de mises en échec que la souris est capable de supporter est toujours fini (au sens mathématique du terme). Le nombre varie bien sûr d’une souris à l’autre et d’un jour à l’autre. Mais il est toujours fini. Il est probablement court : trois, quatre mises en échec suffisent sans doute à détruire sa volonté.

    Les employés du 114, les inspecteurs du travail, les syndicalistes, les employés de la préfecture, de la DDTE, tout ce petit monde salarié met en oeuvre collectivement ce type de processus. Chaque démarche de la victime est un investissement. En temps, en frais de déplacement, en contraintes diverses mais surtout en espoir. En espoir que la démarche débouchera sur un peu de justice. C’est l’odeur qui motive la souris. Et chaque entretien, chaque courrier est une mise en échec : interlocuteur incrédule ou non investi, parfois indifférent ou paresseux, lettres sans réponse, attentes qui ne débouchent sur rien... La victime ne trouve rien dans la cache. Et chaque démarche ne mène qu’à une nouvelle démarche ; la victime repart. Jusqu’à ce que l’enchaînement des mises en échec brise sa volonté.

    Personne ne porte la main sur la victime. Au contraire, tous les interlocuteurs lui assurent qu’ils sont à ses côtés. Ils ont la meilleure conscience du monde ; ils s’endorment le soir dans la béatitude de l’homme de bien ; ils tirent de la victime à la fois leur moyen de subsistance (ils occupent un emploi salarié au terme duquel ils vivent littéralement sur le dos des victimes) et l’immense confort narcissique d’exercer une activité généreuse et altruiste. C’est tout bénef. Ils sont inattaquables moralement et font de belles crises narcissiques si on met en cause leurs agissements. Le crime parfait : pas de cadavre, pas d’arme du crime. Rien qu’une victime brisée à laquelle on a retiré jusqu’aux moyens de comprendre comment elle a été brisée ; et par qui.

    Voilà pourquoi certains aspects de la réponse de Christine m’apparaissent décevants, voire nocifs (tout en se présentant à l’inverse, comme un soutien apporté à la victime) parce qu’ils prolongent le processus pervers par une mise en échec supplémentaire.

    Le 114 met les victimes en échec ? C’est parce qu’il n’existe que depuis deux ans. Les pauvres administratifs ne sont responsables de rien ; on ne leur laisse pas le temps de s’adapter au rythme trépidant de la vie moderne. Deux ans, c’est beaucoup trop court pour qu’un fonctionnaire de base comprenne sa mission. La souris est piégée par l’expérimentateur ? C’est parce que les détours du labyrinthe sont trop récents.

    Le 114 met les victimes en échec ? Les réelles avancées et jurisprudences viendront dans quelque temps. Là il s’agit de ce qu’on pourrait appeler une projection dans l’avenir. Exemple classique : on ne vous refuse jamais une augmentation de salaire, on la remet simplement à plus tard. Le principe de la technique est de remplacer le présent (le réel) par l’avenir (le discours, les calendes grecques). La souris ne trouve pas de fromage ? Elle en aura plus tard. Il suffit qu’elle continue à courir sans réfléchir.

    Le 114 met les victimes en échec ? C’est parce qu’il n’est pas assez connu. Là, j’avoue que je suis resté perplexe. A quoi sert de répandre les coordonnées d’une institution de mise en échec sinon à diriger des victimes supplémentaires vers le piège pervers ? Dans la réalité, le 114 est inefficace parce que ses employés appliquent des techniques perverses dans un océan de bonne conscience. Faire connaître l’institution n’y changera rien ; depuis deux ans les employés ont pris le pli. Il faudra les décoincer au pied de biche pour qu’ils changent. La souris est piégée par l’expérimentateur ? C’est parce que trop peu de souris connaissent l’adresse du laboratoire.

    Le 114 met les victimes en échec ? C’est la faute de l’inspection du travail. Parce qu’ils se retranchent derrière une loi qui n’existait pas encore, ce qui suppose une grande souplesse de l’échine. La souris est mise en échec par l’expérimentateur ? C’est la faute du fabricant du labyrinthe.

    Le 114 met les victimes en échec ? Ses employés ne doivent pas le faire, d’ailleurs il ne le font pas. Ils transmettent les dossiers sous 48 heures à la CODAC, qui nomme un conseiller unique qui vous accompagne. Le déni pur et simple. L’expérimentateur met en échec la souris ? Il ne doit pas le faire, d’ailleurs il ne le fait pas, c’est tout.

    Le 114 met les victimes en échec ? C’est parce que la victime n’est pas capable de formuler clairement les tenants et les aboutissants de la discrimination. Ou qu’elle n’a pas de collectif derrière elle. La souris ne trouve pas de fromage ? C’est la faute de la souris, elle n’est pas capable de chercher correctement.

    Et ainsi de suite. Jusqu’à la proposition d’une démarche supplémentaire. Une prolongation, diraient les footballeurs. La souris n’a pas trouvé de fromage, elle déprime ? Qu’elle reparte pour un tour de manège.

    Il manque seulement un phénomène classique : l’appropriation de la position de victime par le personnel administratif (« Si vous saviez tout le travail qu’on a ! »).

    En résumé, ce qui me gène dans la réponse de Christine est autant ce qui n’est pas dit (il faut apprendre à « dire » les processus pervers, ici un cas de perversion de l’instance de recours) que ce qui est dit : une série de rationalisations, un discours d’évitement de la culpabilité du petit monde qui vit de la mise en échec des victimes.

    Ce type de discours est généralement énoncé en toute bonne foi ; ce que je connais de Christine me dit que tel est le cas. Il n’en est pas moins dangereux, car il amplifie la confusion des victimes. On le voit bien à la réponse de Nadia, qui ne peut que répéter qu’elle a fait tout ce qu’on lui demandais de faire, et à laquelle ne restent que les interrogations et un dégoût justifié.

    Nous devons être attentifs à ne pas propager de discours de mise en échec sur le site. Nous ne sommes pas à la CGT. Dans mon esprit, l’un des rôles du site est de « dire » et d’aider à dire la réalité. D’où cette mise au point.

    Michel

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    • > > Le 114 : rectificatif Le 16 juillet 2002 à 19:54, par Michel

      Pan sur le bec !

      Le GELD n’est pas un GIE mais un groupement d’intérêt public (GIP). Il s’agit d’une structure de droit privé, mais dont l’objet social ne vise pas la promotion d’intérêts financiers, contrairement à ce que j’ai pu laisser entendre. En revanche, la composition du conseil d’administration du GELD est confirmée.

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  • > Le 114 Le 6 juin 2004 à 20:54, par kosmikgirls59

    BONJOUR je m’appelle noelle j’ai 31ans je ne sait pas à qui m’adrésser mais je suis embéter par mon ancien compagnon notre histoire a duré une petite année.Là je suis enceinte ,à plusieure reprise je lui est dit clairement de ne plus me parler et ni de me téléphoner car nous ne nous entendons plu du tout il est immature,méchant, et surtout trés grossier vis à vis de moi, et de mon entourage . Cela se passe La journée et bien souvent la nuit ; voir 3h 4h du matin que je reçois des coups de téléphone ! ! que faire ?je lui ai dit que j’avais été au comissairiat "chose qui est fausse" ;lui ne le sait pas bien sur !mais rien ni fait et vu mon état actuel je me sent désemparer,je suis retourné chez ma mere mais j’attends un appartement et j’ai peur qu il vienne m’harceler .MERCI DE VOTRE RéPONSE qui est attendue

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