Inversez la relation de pouvoir ! Inversez la déstabilisation. Il faut aussi garder l’estime de soi et l’action conforte même si les réussites sont mineures au début.
Ne jouez pas les victimes ! Pleurer, geindre est la meilleure façon de se mettre dans le personnage qu’il souhaite. Souriez, organisez-vous et attaquez. Donnez-vous des bons points. Suivez vos progrès. Soyez le meilleur ami de vous-même.
Vous prenez note de tous les propos disqualifiants. Ce petit calepin est le début d’une réaction intelligente pour sortir de l’émotionnel.. Au bout d’une semaine, vous les repérerez. Faites alors reformuler en public les propos vagues : Qu’entendez vous par... Que voulez-vous insinuer... Avez-vous un exemple précis...
Vous n’acceptez pas les culpabilités. Se replacer au niveau des autres collègues : ce qu’ils savent faire, ce qui est possible, ce qui est le résultat attendu...
Il parle des règlements internes, vous aussi ! Ce qui suppose de bien connaître le règlement intérieur et de l’appliquer à la lettre. Mais le harcelé doit toujours être clair avec cela. Le harceleur l’est sûrement moins. Trouvez ses manques !
Utilisez la démarche qualité. Les objectifs, les processus, les exigences, le manuel de management... avec un peu de chance il clarifie les rôles, les missions et la contribution de chacun. C’est alors un vrai plaisir de demander : « Il est prévu en page N que le personnel soit informé de... » « Je vois bien que je ne fais pas ce que vous attendez, pouvez-vous me montrer où c’est écrit » « Pouvez-vous m’indiquer la règle » « Pourquoi est-ce appliqué différemment... » « Quand l’auditeur est passé... il a dit... » Faites la liste de ce qui est écrit comme rôle et mission de votre harceleur et de ce qu’il ne fait pas. Ne lui dites rien, mais à votre prochaine confrontation avec la hiérarchie et votre harceleur, sortez la liste !
Ayez un bon magnétophone. C’est peut-être inutile juridiquement mais quel bonheur de partager l’analyse de la situation avec le syndicat, les collègues... Cela permet de prendre du recul et de faire une jolie collection de bandes au cas où...
Préparez une négociation de sortie. Sortez de la peur de perdre votre job ! Il veut vous faire sortir, aidez-le en vous aidant vous-même. Une formation pour accéder à un job plus rémunérateur dedans ou dehors. Pendant ce temps-là il n’a plus de souffre-douleur... Utilisez toutes les ressources de l’entreprise pour obtenir ces formations, ou ces mutations. Le front du refus est une position moins facile que la négociation et le médiateur. Un bon plan est la nouvelle loi sur la reconnaissance des acquis professionnels.
Cherchez des alliés - soyez solidaire. Sauf cas particulier et objectif évident, le harceleur ne se contente pas d’une proie. Quand les victimes s’allient, il perd l’avantage de diviser pour régner qui est une de ses forces majeures.
Parlez ! Mettez des mots sur ses actes. Une phrase courte qui définisse son mode d’action préféré. Dites-la ensemble à chaque fois que le harceleur agit. « X est en forme aujourd’hui, qui va-t-il démolir ? » « Sa femme a dû le harceler ce week-end, il va se venger » « La bête du Gévaudan a encore besoin d’une victime. » Bref un peu de communication de base... L’humour est redoutable et vous donne des alliés.
Parlez aux syndicats - mobilisez le CHSCT. Parlez au médecin du travail. Parlez à l’inspecteur du travail. Des faits, toujours des faits ! La convergence des témoignages nuit au huis-clos, le domaine de prédilection du harceleur. Parlez de la loi. Affichez-la sur les panneaux du personnel. Faites-la circuler !
Il vous accuse de perdre vos dossiers (après les avoir dérobés). Cachez les siens !
Il répand des calomnies derrière votre dos, parlez de ses insuffisances (factuelles, voir paragraphes précédents).
Dans une dernière phase, vous pouvez vous en prendre à ses petites affaires chéries comme dans la cour de l’école... ça défoule ! Et ça l’occupe. C’est illégal, vous avez franchi le Rubicon. Mais lui aussi est dans l’illégalité vis-à-vis de la loi qui proscrit le harcèlement...