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Tu roules toujours à 90, toi !
conversation 1

vendredi 22 novembre 2002,  par Crypto


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Sur la façon dont le stage s'est déroulé, Laure manifeste des critiques réelles ; elle évoque des recours en haut lieu ; elle est donc bien consciente que quelque chose clochait. Mais paradoxalement, elle manifeste une bienveillance surprenante pour les chauffards...

Début de l'enregistrement.

« CRYPTO. -... Qu'est-ce que tu penses de ma démarche sur Internet ?

LAURE. - Oh... pourquoi pas... si tu veux. Mais je ne sais pas si c'est sur Internet que c'est le plus utile. Pourquoi pas sur Internet... Ça touche forcément des gens... Mais est-ce que c'est le meilleur moyen de faire bouger les choses ? Je ne sais pas moi. Maintenant... c'est peut-être un peu tard, mais pourquoi pas carrément contacter l'inspection du travail ? Est-ce qu'il faudrait pas aller un peu plus loin ? Est-ce qu'il fallait pas alerter ce cher directeur du centre ? l'échelon au dessus de l'AFPA ? L'AFPA c'est quand même un truc national. Les ASSEDIC qui recommandent des formations comme ça ? Est-ce que c'est pas auprès de gens comme ça qu'il faut dire : bon ben écoutez, voilà comment ça c'est passé, est-ce que vous pouvez pas un peu mieux surveil... Enfin tu vois... Je sais pas moi.

-  Je suis d'accord avec ces démarches. Mais, le problème est toujours le même : il y a trente personnes qui constatent un truc, il y en a deux qui se révoltent et il y en a une seule qui fait réellement quelque chose.

-  Oui. Sauf que la formation est telle qu'elle est et que vous n'avez pas commencé par faire bouger les choses dans le bon sens. Vous avez commencé par vous buter, au lieu d'essayer de jouer un peu la conciliation... et voilà, quoi... Je suis certaine que dès le départ vous n'avez pas fait apparaître les problèmes. Des problèmes qui ont surgi ensuite... de votre attitude. Je ne suis pas sûre que dès le départ vous ayez fait apparaître tous les problèmes.

-  Tu es en train de me dire que c'est notre faute, là ?

-  Euh... en partie... La situation était déjà comme ça dès le début de la formation... Mais je pense que l'attitude que vous avez eue, et la façon dont vous avez abordé les choses ont plutôt plombé le truc que de partir sur quelque chose de constructif. Vous n'avez jamais amené les choses de façon posée dès le départ... Vous avez commencé par vous rebiffer.

-  À quel sujet par exemple ?

-  Je me souviens pas dans quel ordre ça s'est déroulé... je me souviens plus quel est exactement le point de départ... je ne me souviens plus exactement comment c'est parti... euh... s'il y avait des choses qui ne vous convenaient pas, il ne fallait pas les suivre et c'est tout ! Du genre rester le soir ou venir le week-end, etc. Vous vous êtes butés au lieu de dire : bon, est-ce qu'on ne peut pas essayer de trouver un juste milieu. C'est vrai, Claude [Berthier] était aussi buté dans l'autre sens... c'est lui qui encourageait ça, etc, etc... C'est vrai d'ailleurs ! Et, là où c'est complètement en porte à faux, c'est qu'effectivement c'est totalement illégal... que l'administration fermait les yeux là-dessus. Et voilà.

-  Ben oui. Je ne te le fais pas dire !

-  Mais bon, si tu veux, ça c'est des choses qui ne sont pas apparues dès le début. Il aurait peut-être fallu en discuter un peu autrement. Vous, toi et un peu Dominique, mais surtout toi quand même, me suis demandé quelle motivation tu avais pour être là... un peu ramolli.

-  Ramolli ?

-  Je t'ai trouvé quand même assez passif dès le début. Tu voulais pas en faire plus. Et du coup, tu as cherché tous les moyens pour emmerder le monde à ce moment-là. Bon... voilà... Au lieu de discuter franchement !

-  Tu ne crois pas que j'ai beaucoup, beaucoup, peut-être même trop discuté avec tout le monde, justement ?

-  Je sais pas... je suis pas sûre... j'ai pas l'impression. En tout cas pas au départ. Peut-être un peu après. Mais c'était trop tard. Dès qu'il y a eu les premiers troubles, j'ai pas le souvenir de discussions constructives et intelligentes, ça non ! Certainement pas ! Donc voilà... Quand on dit que la formation, elle est aussi ce qu'on en fait, c'est vrai ! Et voilà, quoi...

-  Mais ça c'est typiquement une phrase pour vous culpabiliser : « C'est vous qui faites votre stage » etc.

-  Non... moi, je crois pas. C'est pareil avec l'existence, hein ? C'est ce qu'on en fait... c'est ce qu'on décide d'en faire ! Je crois pas du tout que ce soit culpabilisant. Si tout le monde avait été d'accord pour dire à B... Si on en avait discuté en disant : bon écoute, les horaires, etc. Trouver un juste milieu... voilà. Et là, il n'y aurait pas eu... Ç'aurait été plus constructif !

-  Il y a des lois qui sont votées ; tu le dis toi-même : c'était illégal. Alors ?

-  Bien sûr que oui ! Bien sûr que oui, il y a des lois... mais tu roules toujours à 90, toi ! Et t'as jamais grillé un feu ! Et voilà... On était pas non plus dans une entreprise...

-  Raison de plus, peut-être ? On était dans une institution nationale, qui doit donner l'exemple.

-  Oui... ben... tu parles. »

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-> Comment on se trompe de combat
(1/3) 6 février 2004, par Goélette

-> Tu roules toujours à 90, toi !
(2/3) 30 juillet 2003, par Jérôme

-Tu roules ta caisse perso
(3/3) 25 novembre 2002, par Admin X


FORUM

> Comment on se trompe de combat
6 février 2004, par Goélette début du forum

"Pourquoi pas sur Internet... Ça touche forcément des gens... Mais est-ce que c'est le meilleur moyen de faire bouger les choses ? Je ne sais pas moi. Maintenant... c'est peut-être un peu tard, mais pourquoi pas carrément contacter l'inspection du travail ? Est-ce qu'il faudrait pas aller un peu plus loin ? Est-ce qu'il fallait pas alerter ce cher directeur du centre ? l'échelon au dessus de l'AFPA ? L'AFPA c'est quand même un truc national. Les ASSEDIC qui recommandent des formations comme ça ? Est-ce que c'est pas auprès de gens comme ça qu'il faut dire : bon ben écoutez, voilà comment ça c'est passé, est-ce que vous pouvez pas un peu mieux surveil... Enfin tu vois... Je sais pas moi."

Chère Laure,

Si vous aviez objectivement vu des problèmes au nveau des problèmes, pourquoi n'avez-vous pas fait ce que vous venez de citer ?

C'est comme si vous reprochiez à une victime de viol 1. de s'être fait agresser et 2. de l'avoir dit.

Bien, continuez comme ça, Laure, occultez les problèmes comme on balaie la poussière sous un tapis. Il y aura toujours un coup de vent pour la faire sortir.

La méthode Coué marche deux minutes, ou deux ans, puis elle ne marche plus.

C'est comme un abcès dentaire : plus on attend pour en parler, plus il fait mal et plus le traitement fera mal.

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  • > Comment on se trompe de combat
    23 avril 2004, par Loïc

    Laure se lance dans une évocation de recours vers les organismes de contrôle. On est déjà dans le témoignage implicite… Malgré tous leurs efforts pour minimiser les actes du harceleur et pour transformer les victimes en coupables, les témoins se prennent les pieds dans un discours incohérent et contradictoire.

    En effet, pourquoi alerter l'inspection du travail si tout va bien ?

    Je pense que ce genre de discours confus est justement très révélateur d'une situation de harcèlement ! Vous parlez de méthode Coué ? Je parlerais aussi d'œillères ou de politique de l'autruche.

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> Tu roules toujours à 90, toi !
30 juillet 2003, par Jérôme début du forum
C'est étonnant cette comparaison avec la délinquance routière ! C'est vrai que jusqu'à il n'y a pas si longtemps, la société était très tolérante avec les chauffards. Aujourd'hui, l'époque est à la fermeté, il y une sorte de progrès. Alors peut-être que ce sera la même chose avec le harcèlement moral, on peut l'espérer.

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Tu roules ta caisse perso
25 novembre 2002, par Admin X début du forum

Des anomalies factuelles qui finissent par se perdre dans des généralisations abusives mais auto-déculpabilisantes.

Des responsabilités personnelles qu'on prend soin de noyer dans une irresponsabilité de groupe et même institutionnelle.

L'anomalie élevée au rang de normalité présumée.

Et pas de juge. Pas de jugement.

Seul le résultat compte ? Non, seuls comptent ici les moyens, et pour quel résultat ?

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  • > Tu roules ta caisse perso
    26 novembre 2002, par Crypto

    Bonjour Adminix,

    Par Toutatis, votre formulation est trop ambiguë ! On ne sait qui de Laure ou de Crypto vous interpellez. Il faut vite corriger ce quiproquo.

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    • > Tu roules ta caisse perso
      18 mai 2003, par Desmos

      Je pense que l'intervention d'adminX n'est pas très claire. On se demande ce qu'il veut dire. En lisant ces articles, j'ai pensé à certains de mes collègues, c'était tout à fait ça. ça m'a fait hurler ! ! Je pense que vous avez eu raison de retranscrire tel quel la conversation, ça ouvre les yeux.

      Répondre

Crypto
-rédacteur